« Connexions-Bacon Vélasquez », sur France 5 :
les 45 déclinaisons du portrait d’un pape
« Connexions » consacre un volet de sa série à la fascination de l’artiste irlandais pour un tableau représentant Innocent X
Autant prévenir, cet épisode de l’intéressante série « Connexions », qui confronte sur un même thème des peintres de différentes époques, a un début glaçant. Il commence par un florilège de cérémonies nazies dans l’Allemagne hitlérienne, qui alterne avec les bouches ouvertes de déportés assassinés. Le rapport avec Diego Vélasquez ? Aucun, sauf peut-être cette question, pertinente : «e serait un pouvoir sans images pour le servir ? » Le portrait que fit le peintre du pape Innocent X, à la demande du pontife, en 1650, en est l’illustration. « Trop vrai ! », commenta le commanditaire… C’était aussi ll’avis de Francis Bacon, qui le tenait pour « un des grands tableaux du monde ! ».
Lui non plus n’a pas de rapport évident avec le préambule. Sauf que, né en 1909, il a eu tout loisir de côtoyer la barbarie nazie. Il a vécu à Berlin dans les années 1920, a subi le Blitz à Londres durant la guerre. La violence, il la connaît, et on peut même penser qu’elle le fascine, mais il a plutôt tendance à la considérer par le biais de photographies. Plus que les images des camps de la mort, celles extraites du film d’Eisenstein Le Cuirassé Potemkine (1925), où une femme poussant un landau reçoit une balle dans l’œil et dont la vie s’achève sur un cri muet, serviront de modèle à toutes ses figures à la bouche grande ouverte.
Le Monde - retour à la une.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire